En négatif . Laguiole en Aveyron
Pourquoi ? Ma photo n'était pas au top et, hier soir je manquais d'inspiration pour poster un billet !
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Prise cet été à Nasbinals en Aubrac Lozère


Maintenant
....qu'en pensez-vous ?
Les toits de la cathédrale Saint-Front à Périgueux ( Périgord ) ! Coupoles , clocher " tout neuf " et clochetons , une vue différente de notre
cathédrale, à ses pieds pour ces clichés !
CAUSSADE
Implanté à quelques kilomètres au nord de Périgueux, le château de Caussade possède une histoire indissociable de celle de Périgueux.
En effet, la paroisse de Trélissac, où il est situé, était dès l’origine partie intégrante de la ville, et cela bien avant l’acte d’union du Puy Saint Front et de la Cité en 1240. Depuis cette date, les maires et les consuls de Périgueux, au début de tout acte, proclamaient : « Nous, maires et consuls, seigneurs comtes et barons dans ville, banlieue et juridictions de Périgueux… » (La banlieue comprenait Champcevinel, Trélissac, Boulazac et Atur.)
Au XIIe siècle, le château fort de Caussade appartenait à un certain Guillaume Cazaldo (d’où son nom) qui en fut certainement le premier occupant. Mais il devint très vite, dès 1131, la propriété d’Hélie de Vigier, qui était viguier du Puy Saint Front
Le viguier, du latin vicarius,adjoint, suppléant, à l’époque carolingienne était un officier placé à la tête d’une circonscription, inférieure au comté, et il était chargé notamment des attributions de police et de justice. C’était un personnage important.
La possession du château de Caussade assurait une situation prépondérante dans la région du nord de la ville ; sa première destination était celle d’une forteresse complétant le dispositif de l’évêque Frotaire (de 976 à991) entre Auberoche au levant et Agonac au septentrion, en direction de l’importante voie vers le Limousin.
Le fief de Caussade va rester la propriété des Vigier jusqu’à la fin du XIVe siècle.
A la suite du traité de Brétigny en 1360, et notamment de la reconnaissance par le roi de France de la souveraineté du roi d’Angleterre sur la Guyenne, et par voie de conséquence, sur le Périgord, Jeanne de Vigier, jeune veuve, voulut s’assurer de la bienveillance des Anglais. Diplomate, elle prit pour mari un écuyer du pays de Guyenne, Henri de Cugnac, qui avait toujours « tenu le parti de l’Anglais », pour ainsi la protéger, elle, ainsi que son fief, des entreprises armées du comte du Périgord, Archambaud V, de triste renommée, et toujours en guerre avec le Puy Saint Front.
Ce mariage fut célébré en 1365 (Généalogie des Cugnac par d’Hozier BIB AA 719) et non en 1394 ainsi que cela a pu être plusieurs fois mentionné.
La fortune des époux était semble-t-il conséquente car des travaux importants furent alors entrepris ; le château fut entièrement rebâti à peu de chose près sur ses plans actuels.
Cet Henri de Cugnac était issu d’une très ancienne famille, d’origine portugaise (Cuniaco) déjà citée en 1002 dans une donation à l’abbaye d’Uzerche ! Un Bertrand de Cugnac s’embarquera pour la Terre Sainte avec Richard Cœur de Lion en 1190.
En 1386, Archambaud V voulut s’emparer de Caussade : il échoua. A la suite de quoi, le vent tournant, les Cugnac se placèrent aux côtés du roi de France.
Ce choix ne fut pas heureux, car dix ans plus tard, en 1396, la garnison d’Auberoche, aux mains des Anglais, complices et alliés du comte du Périgord, prit d’assaut Caussade, tuant tous ses défenseurs. Toutefois, l’arrêt royal du 3 février 1397 prononçant la confiscation des biens d’Archambaud, puis l’expédition du maréchal Boucicaut en Périgord et la destruction d’Auberoche aux frais de la ville de Périgueux, mirent Caussade à l’abri de son encombrante voisine.
Les Cugnac n’apportèrent pas la sérénité à la région ; en effet, ils estimaient qu’ils avaient droit de justice sur Périgueux, et cela depuis les premiers viguiers du Puy Saint Front. Les maires et consuls de Périgueux, quant à eux, estimaient le contraire : Caussade était leur vassal.
Cette « chicane » locale préoccupe le roi de France Louis XI, qui ordonnera, en 1474, à son sénéchal de mettre un terme à la procédure. Rien n’y fit, car, en 1490, pour affirmer leurs droits, les maires et consuls de Périgueux vont tenir leur cour de justice à Caussade, revêtus de leurs costumes et attributs. Mauvaise initiative : ils furent « bastonnés et rossés » par les hommes de Caussade.
Enfin, en 1509, les conflits cessèrent : les Cugnac vendent pour cinq cents livres tournois tous leurs droits de justice sur Périgueux.
La prééminence de cette famille sur la ville de Périgueux était évidente : elle possédait le rare privilège de droit de tombeau dans le portique de la cathédrale Saint Front. Le 4 septembre 1504, Jeanne de Cugnac, petite fille de Jeanne de Vigier, dans son testament, manifestera le désir d’y être ensevelie en présence de « cent prêtres ou religieux ».
Les guerres de religion apportèrent à nouveau des désordres entre la ville de Périgueux et les seigneurs de Caussade. Périgueux est du côté des catholiques, les Cugnac sont protestants. Ainsi, en 1575, Jean de Cugnac est à l’origine d’un complot et, par quelques trahisons, va s’emparer de la ville. Il s’érige maire, alors qu’il était vassal de la ville, et se rend tellement insupportable par ses décisions sectaires envers les habitants de Saint Front tout comme envers ses amis qu’il va être chassé et devra se retirer dans son château.
En 1643, Suzanne de Cugnac épousa Arnaud de la Marthonie, issu d’une famille de fervents catholiques et le château va rester dans cette famille qui va donner à l’Eglise de nombreux évêques et cela jusqu’à la Révolution.
En 1779, le propriétaire de Caussade était Jean-Louis de la Marthonie, docteur en Sorbonne, évêque de Poitiers, puis de Meaux et aumônier de la princesse d’Orléans.
En 1790, le château, comme tant d’autres en Périgord, sera vendu comme « biens nationaux ». Pendant plus de cent ans, il passera de mains en mains. Progressivement et inexorablement, des dégradations vont se produire. Inhabité, abandonné au vandalisme de visiteurs peu scrupuleux ou inconscients, des ruines vont s’y installer. Pendant la guerre de 14-18, il servira de prison à des officiers allemands.
Par arrêté du 17 avril 1945, il sera inscrit sur la liste des monuments historiques classés.
Caussade fut enfin acquis par un entrepreneur périgourdin, spécialisé dans la restauration
des monuments historiques. Il va y entreprendre d’importants travaux et remettre remarquablement en état ces vieux bâtiments millénaires et redonner vie au château.
Le propriétaire actuel, qui n’a pu être contacté, y séjournerait, du moins périodiquement.
Situé dans la forêt de Lanmary, difficile d’accès, au détour d’une allée forestière, Caussade apparaît presque par surprise. L’effet produit sur le promeneur est indéniable. Pont levis abaissé sur ses douves mais porte verrouillée, c’est une véritable forteresse féodale qui surprend et ramène le visiteur au XIVe siècle, à l’époque de Jeanne de Vigier, jeune épouse d’Henri de Cugnac.
Texte de Jacques -Yves DUBUISSON
Bavardages